Nouvelles idées de business : le monde est à nous • Le luxe d'être soi

Nouvelles idées de business :le monde est à nous

© Photo Color me Katie

 

Quand on s’interroge sur sa place et sa propre utilité d’un point de vue professionnel, se pose toujours à un moment donné la question du sens. La direction et la signification que l’on souhaite donner, à travers son travail, à sa vie.

Est-il à la portée de chacun de changer le monde par son travail ?
La passion a-t-elle sa place dans l’entreprise ?
La réussite est-elle compatible avec des valeurs fortes ?

Ces questions sont inévitables quand on chemine vers soi. Chine Lanzmann et Laurent Edel, coachs en entreprise réputés, ont tenté d’y trouver des réponses en partant faire le tour du monde en 2003 pour dénicher des NIB : des Nouvelles Idées de Business.

 

Autrement dit,
des business qui créent
du sens et qui rapportent

 

Ils ont rassemblé toutes leurs trouvailles dans un formidable livre qui s’intitule “Le monde est à nous”. Véritable condensé d’énergie et d’optimisme, le couple dévoile des concepts d’entreprises passionnants, qui ont tous en commun le même objectif : oeuvrer pour un monde meilleur.

 

“Nous sommes attirés par les environnements porteurs.
Pour nous, construire l’avenir, être positif,
s’entraider, sont des états d’esprit naturels.
Nous sommes allés à la rencontre de ces comportements
dans les pays qui bougent”

 

Les NIB qu’ils ont déniché dans 5 pays (Chine, Japon, Australie, Canada, Etats-Unis) sont aussi bien des multinationales que des entreprises à domicile. Leurs activités sont très variées mais toutes sont positionnées sur des marchés porteurs, révélateurs de tendances internationales de société. C’était il y a 8 ans, et toutes ces tendances se sont plus que confirmées…

Pour ce couple précurseur dans le milieu du web, leur voyage leur aura apporté une révélation : l’innovation est partout, et dans tous les secteurs. Elle ne se limite pas aux nouvelles technologies, et se déploie dans les domaines de l’entreprise responsable, de l’écologie, du service à la personne, de la petite enfance… J’ai sélectionné et condensé quelques-unes des NIB qui m’ont paru les plus originales, les plus parlantes et les plus inspirantes.

Ces exemples de business sont selon moi une excellente façon de :
• s’inspirer d’autres cultures et façons de voir le monde
• comprendre les ressorts de la réussite d’une entreprise dite “éthique”
• découvrir des idées à appliquer pour tirer son entreprise vers le haut

Extraits.

 

“Soyez toujours ouverts.
Ne rejetez rien d’office.
Partez avec l’idée que ça marche !”

 

CHINE
“Là où tout est toujours possible”

 

La maison de retraite et l’orphelinat

À Pékin, on nous raconte l’histoire d’une maison pour retraités qui héberge des orphelins. Ils s’adorent et retrouvent goût à la vie. Je comprends que les NIB peuvent sortir du business pur. L’innovation et le dynamisme sont partout. Je m’ouvre aux nouvelles idées humanitaires et sociales.

Les campagnes chinoises sont délabrées, les habitants sans protection sociale. Les orphelins et les vieux en sont les populations les plus fragiles. D’un côté, 132 millions de Chinois ont plus de soixante ans et 25 % d’entre eux vivent seuls car les maisons de retraite sont rares. De l’autre, la pauvreté et les accidents de travail génèrent des orphelins. Comme l’État ne s’en occupe pas, ils se retrouvent seuls dans les rues. L’idée est de les réunir dans une même maison.

Et le miracle se produit : les uns ont besoin des autres. Les vieux retrouvent un sens à leur vie. Ils prennent soin des petits, les poussent à retourner à l’école, les aident à réviser leurs leçons, leur transmettent leur passion du jardinage et du tai chi. Les enfants retrouvent une famille, des adultes protecteurs, un cadre chaleureux où ils peuvent grandir tranquillement.

 

JAPON
“Une énergie débridée malgré la crise”

 

La croisière pacifiste

Se rendre compte par soi-même des événements internationaux, se déplacer pour aider et manifester sa solidarité avec les populations en détresse, apporter la paix aux pays sinistrés et à ceux qui sortent de conflits : c’est le programme de Peace Boat. Du tourisme engagé !

Cambodge, Irak, Guatemala ou Somalie : des destinations touristiques peu communes. Des pays qui se relèvent d’une guerre ou de catastrophes humanitaires. Le programme de Peace Boat est très réactif : manifestations, sit-in de protestation, rencontres avec les populations, échanges avec les ONG locales, visites d’écoles ou de prisons, conférences, cours, reportages.

En quoi cela aide-t-il ceux qui souffrent ?Nous faisons pression sur les gouvernements. Les populations apprécient nos rencontres. Elles peuvent témoigner. Elles se sentent moins abandonnées” explique Nakckashi Masaki.

Son travail est au cœur de la mission de Peace Boat : la promotion de la paix, des droits de l’homme et du développement durable. Trop sérieux ? Certes, mais le programme prévoit également la découverte des cultures locales, la visite de festivals, des cours de danse ou de cuisine, des balades dans la nature. Et le public suit !

 

AUSTRALIE
“Un max de business relax”

 

La fortune en haut du pont

Le passage obligé à Sydney. Aussi populaire que la tour Eiffel à Paris. Dès la première année, BridgeClimb a séduit 100 000 clients. Le rythme de croisière est désormais de 300 000 personnes par an.Paul a du génie et de la persévérance. Il se bat 9 ans contre la municipalité avant de lancer son business. Elle évoque précisément 62 raisons selon lesquelles ce projet est impensable.

Paul ne se démonte pas. Il consulte des experts et trouve 62 solutions. Neuf ans plus tard, en 1998, la Mairie craque et dit banco. L’argument convaincant ? Paul propose un loyer de 40 millions d’euros sur vingt ans et un pourcentage sur les revenus.

Le génie de Paul Cave ? Vendre de la fierté et créer les conditions du risque zéro. Ses slogans ? “Devenez un héros !”, “L’expérience de votre vie”. Résultat, nous avons effectivement l’impression de braver l’impossible. Et nous repartons fiers et heureux, avec notre photo et notre diplôme.


Le caviste cool

Il y a de nombreux marchands de vin à Sydney, mais les boutiques Vintage Cellars sont toujours pleines de monde. Ce groupe de 80 boutiques, filiale du géant de la distribution Coles Myer, a trouvé le truc. Son secret ? Offrir un maximum de services.

Goûter avant d’acheter : Vintage Cellars propose une table de dégustation en self-service. Deux bouteilles sont à la disposition permanente des clients.
Emprunter des verres : Vintage Cellars prête de véritables verres. Il suffit de les rendre lavés le lendemain.
Rangement malin : Les bouteilles sont rangées en fonction des plats qu’elles accompagnent.
Rendre ce qui n’est pas bu : Le marchand récupère les bouteilles non consommées pendant les fêtes et les échange contre des bons d’achat.
Discount permanent : Vintage Cellars offre une réduction de 10 % pour douze bouteilles achetées, même d’appellations et d’origines distinctes.

Les autres services ? La livraison gratuite, l’ouverture jusqu’à 23 heures… Ajoutez l’ambiance douce, la musique easy listening et les vendeurs décontractés et vous comprendrez la note attribuée par tous les clients : vin sur vin.

 

ETATS-UNIS
“spiritualité & business”

 

L’acheteuse écologique

Les produits écologiques ne sont pas faciles à trouver. Delia Montgomery est la première acheteuse personnelle spécialisée dans l’écologie. Elle conseille, repère et achète pour ses clients. Elle facture 45 euros de l’heure, quand un personal shopper pour milliardaire prend 1 800 euros.

Les spécialités de Delia, ce sont les produits écologiques pour la maison, le corps et le jardin. En 2002, après trois ans d’activité, elle a empoché 40 000 euros, et elle n’a besoin de personne pour l’aider à les dépenser !


La crèche américaine

La différence entre les crèches françaises et les crèches américaines, c’est le chiffre. Le leader Kinder Care gère 1300 crèches, accueille 120 000 et est coté en bourse ! En 2002, le groupe dégage 15 millions d’euros de bénéfices pour 750 millions d’euros de chiffre d’affaires – et 11 % de croissance.

Comme les concurrents sont nombreux, il faut innover en permanence. La différence se fait sur la qualité des services proposés aux enfants… et aux parents. Chez Kinder Care : café et petits déjeuners gratuits, baby-sitting le soir pour sortir en amoureux, visites gratuites chez le pédiatre, dépose des frères et sœurs à l’école, caméra Internet pour voir ses enfants depuis son bureau. Et ouverture toute l’année, de 6 h 30 à 18 heures.


L’école de l’amour

L’école de l’amour ? On y apprend l’essentiel. Sans crainte de redoubler. Chine et moi n’osons pas aller à son séminaire. Alors Stan Dale me harcèle de questions : “Où avez-vous appris l’amour, les relations humaines et le sexe ? Que pensez-vous de votre propre corps ? Tomberiez-vous amoureux de vous-même ?”.

Il a déjà aidé 53 000 personnes – en majorité des baby-boomers – à se réconcilier avec leur corps et à améliorer leurs relations de couple. Stan s’est inspiré de l’art amoureux des geishas japonaises dans son programme. Des séminaires d’un jour ou deux. On y apprend à mieux exprimer ses sentiments, à ne pas donner prise aux agressions, à mieux connaître son corps.

Stan a du succès. Ses écoles de l’amour ont ouvert en Californie, en Grande-Bretagne, au Brésil et en Australie. C’est sûr, la prochaine fois, on y va !


L’entreprise intégrée

“Il n’est pas nécessaire d’être riche pour aider les autres”. La philosophie de Marc Benioff, le fondateur de Salesforce.com est une révélation. En même temps que sa société, il a créé sa fondation. Il développe les deux parallèlement. Pour la motivation de tous. La fondation Salesforce reçoit 1 % du capital de la société Salesforce.com, 1 % de son bénéfice et 1 % du temps de travail de ses employés.

Chaque mois, les 200 employés “donnent” 2h30 qui leur sont payées. Cela offre du sens à leur travail et renforce leur attachement à l’entreprise. Et c’est un cercle vertueux. Plus l’équipe travaille, plus la société réussit, et plus les moyens de la fondation augmentent.

“La règle du 1 % est mon arme secrète. Mes salariés savent qu’ils sont là pour autre chose que faire du fric” précise Marc Benioff. Sa fondation enseigne l’informatique et le multimédia aux enfants défavorisés, dans ses propres centres d’initiation. Les enfants créent des sites, de la musique, des photos et de la vidéo sur Internet. Depuis sa création en 1999, Salesforce.com a distribué 3 millions d’euros à 41 centres dans le monde.

 

Leur conclusion

 

Faire ce que l’on aime, c’est le bonheur ! Les entrepreneurs que nous avons rencontrés bossent. Toujours dur. Parfois, ça les réveille la nuit. Tous ne savent pas toujours comment finir l’année, mais tous sont heureux. Ils ont la pêche. C’est leur point commun.

Ils font ce qu’ils aiment, ils ont trouvé leur voie et ils ont la foi, ils croient en leur NIB, ils croient en eux. Une NIB, ce n’est pas forcément une entreprise.

 

Une NIB,
c’est un rêve
qui se réalise,
un projet de vie,
une Nouvelle Idée du Bonheur !

 

Ma conclusion

 

A ceux qui cherchent du sens dans leur travail, LISEZ ce livre ! Pas seulement dans l’optique de créer son entreprise, mais également dans celle d’apprendre à voir le monde avec ses infinies possibilités.

 

C’est en temps de crise
que les entreprises
qui vendent du sens
font la différence !

 

Pour en savoir plus sur les NIB,
vous pouvez consulter le blog de Laurent Edel Good Futur

 

 

6 Commentaires

  • Avatar

    Yves

    Ah génial ! J’ai une tendresse pour la maison de retraite/orphelinat et pour le caviste !

    Concentré d’humanité ou concentré de bon sens… que du bon en tout cas !

    Merci pour le partage de cette lecture Céline !

    • Avatar

      Céline

      Merci Yves, personnellement je trouve les exemples de business américains très inspirants, peut-être parce que là-bas ils sont une très large longueur d’avance sur nous, notamment en matière de service client et de cohérence entre vie pro et vie perso.

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    Rebecca

    Justement Céline, je discutais avec une amie ces derniers jours… “est-ce un luxe de pouvoir se poser la question de l’utilité de son travail?” ET “est-il important que son travail ait un sens pour soi, mais aussi pour les autres?”
    Nous sommes parties dans un large débat…
    En tout cas, merci pour tes exemples. C’est aussi tout le travail des agences de développement de l’économie sociale et solidaire qui aide les porteurs de projets et de sens à développer des modèles économiques innovants et viables!

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      Céline

      Intéressant ce que tu me dis là Rebecca, je ne savais pas pour les agences de développement de l’économie sociale et solidaire, quels sont les types d’accompagnement proposés ? Formations de groupe, suivi individuel ?

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        Rebecca

        Je connais surtout celle de ma Région mais il en existe partout. Un porteur de projet peut venir présenter une idée et l’agence va l’aider à affiner, trouver des financements, etc. Par exemple, ici, ils ont même créé “La fabrique à initiative”. (http://www.adress-hn.org/). Mais l’appui porte plus sur le projet que sur le porteur de projet!

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    Geoffrey/ Claude

    oulala… j’adore cet article je fais suivre de suite….

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